| La polypose adénomateuse familiale (PAF) est responsable de 1 % des cancers colorectaux. De transmission autosomique dominante, elle est due (dans environ 90 % des cas) à une mutation constitutionnelle du gène APC localisé en 5q21-q22 (15 exons). Ainsi, chez un patient ayant une PAF, chaque cellule colique a déjà, de façon innée, inactivé une copie de ce gène suppresseur de tumeur. L'inactivation des deux copies, étape clef de la cancérogenèse colique, est donc beaucoup plus rapide. Par conséquent, le risque de cancer colorectal est proche de 100 %, survenant à un âge beaucoup plus jeune que pour les patients ayant une tumeur sporadique. L'implication du gène MUTYH localisé en 1p34.3-p32.1 (16 exons) dans la prédisposition au cancer colique a été découverte récemment. L'inactivation biallélique de ce gène du système de réparation de l’ADN par excision de bases entraîne une polypose semblable cliniquement à la PAF, mais à transmission autosomique récessive.
La recherche des mutations du gène APC (et secondairement du gène MUTYH) constitue le seul moyen de diagnostic biologique qui permet en plus d’établir un pronostic en se basant sur les corrélations génotype-phénotype. De plus, elle permet un dépistage plus rapide et fiable du reste de la famille. Seules les personnes porteuses de la mutation seront ensuite concernées par la surveillance coloscopique.
Dans ce travail nous rapportons, deux mutations connues du gène APC détectées chez deux familles Sfaxiennes : la délétion c.4652_4655delAAGA au niveau de l’exon 15 et la transition c.1690C>T au niveau de l’exon 13 ainsi qu’une mutation biallélique du gène MUTYH : la duplication c.1185_1186dupGG retrouvée chez une famille lybienne.
Nous discuterons à travers ces observations, l'apport diagnostique, pronostique et préventif de l’exploration génétique moléculaire des polypes et cancers coliques.
|